Qu'est-ce que les permis d'émission ? droit de polluer ?

Qu'est-ce que les permis d'émission ? droit de polluer ?
http://www.manicore.com/documentation/serre/permis.html

http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=536

http://ecorev.org/article.php3?id_article=49

http://lipietz.net/article.php3?id_article=215

Qu'est-ce que les permis d'émission ?


dernière version : septembre 2003


site del'auteur : www.manicore.com - contacter l'auteur : jean-marc@manicore.com


Les négociations internationales sur les émissions de gaz à effet de serre ont conduit certains pays à adopter le principe d'une réduction de leurs émissions.

Mais une fois le principe adopté au niveau d'un état, comment traduire cela en diminution de la part des acteurs concernés ?

Plusieurs voies s'offrent en théorie à la puissance publique :

on peut réglementer ou légiférer : chaque acteur, sous peine de sanctions, doit diminuer sa consommation de x%.

on peut passer des accords négociés : chaque acteur, ou groupe d'acteurs , s'engage sur une réduction en contrepartie d'avantages donnés. Toutefois si des contraintes effectives sont prévues en cas de non respect des engagements, et vu que l'une des parties à l'accord est l'Etat, cela se ramène à un règlement.

on peut taxer : chaque tonne équivalent carbone émise sera "imposée", de telle sorte que les entreprises auront intérêt, pour payer le moins cher possible, à diminuer leurs émissions le plus possible. Comme elles s'arrêtent dès que le coût de réduction est supérieur à celui de la taxe, en fixant le coût de la taxe on règle le "thermostat" (ou plutôt le "taxostat" !) sur le niveau de réduction souhaité.

Le système des permis d'émission est juste un moyen de "mettre de l'huile dans les rouages" pour permettre à un ensemble d'acteurs d'atteindre un objectif collectif que l'on a fixé par ailleurs (suite à une loi, ou à un accord négocié). Imaginons que l'on demande à toutes les entreprises de diminuer leurs émissions de 10% en 2 ans.

L'entreprise A n'a pas de problème pour cela. En fait, elle pourrait même aller assez facilement jusqu'à 20% de réduction : c'est un fabricant de biscuits et avait décidé de passer du pétrole au gaz pour chauffer ses fours de toute façon.

L'entreprise B va avoir beaucoup de mal à faire mieux que 5%, quels que soient les moyens financiers investis dans l'affaire : c'est un fabricant de verre, et il faudrait pour atteindre son objectif qu'il remplace totalement ses lignes de production, et même en commencant aujourd'hui cela nécessite au moins 3 ans.

L'idée du permis négociable est que l'entreprise A et l'entreprise B puissent "s'arranger entre elles" pour que le résultat de A+B soit effectivement une baisse de 10% de leurs émissions globales. Concrètement, A va "vendre" à B les économies que A peut faire facilement et B très difficilement. Les "permis d'émission" désignent précisément ces économies réalisées au-delà de l'objectif global et que l'on peut vendre à quelqu'un d'autre : on lui vend le "droit d'émettre", ou le "permis d'émettre", au-delà de ce qui devrait normalement être autorisé.

Dans la pratique, A et B ne se connaissent pas nécessairement, de même qu'un acheteur et un vendeur ne se connaissent pas nécessairement avant la vente. Il faut donc organiser un "marché" où les entreprises qui font facilement des économies puissent les vendre à celles qui en font difficilement. C'est ce "marché", avec une description de la manière dont les "économies" peuvent d'échanger, et dans quelles limites, qui s'appelle un système de permis d'émission.

On voit tout de suite que ce système est par nature globalement équilibré : un permis ne peut s'acheter qu'auprès d'une entreprise qui a dépassé ses objectifs et qui vend le "dépassement" à une entreprise qui peine. Ce système n'a pas pour but de permettre à tout le monde de dépasser ses objectifs, et c'est du reste mathématiquement impossible (tant que l'objectif global est atteint, bien sur) : dans un marché, il ne peut y avoir que des acheteurs ! Il n'y a donc rien de fondamentalement immoral dans ce système : c'est un simple moyen, qui peut s'avérer utile, de lisser les disparités. Mettre en place un système de permis ne signifie pas que l'effort collectif de réduction est limité.

On peut aussi organiser un marché entre pays : certains pays vont pouvoir aller au-delà de leurs engagements, d'autres n'y arriveront pas. L'idée est alors de transférer, dans des conditions qui restent à définir, les gains supplémentaires des uns aux autres. Rappelons que le système des permis ne peut se mettre en place qu'entre les pays dits de l'annexe 1 (c'est à dire essentiellement les pays industrialisés) et que ce système ne permet absolument pas aux pays riches d'acheter les éventuelles réductions d'émissions des pays pauvres pour éviter tout effort chez eux.

D'aucuns ont stigmatisé cette idée en parlant de "droits à polluer", qui seraient inacceptables. Il faut bien voir que le "droit à polluer" s'applique déjà partout dans notre vie quotidienne :

la "redevance pour eaux usées" de nos factures d'eau n'est rien d'autre qu'un "droit à polluer",

acheter de l'essence n'est rien d'autre que de payer "un droit à polluer" (l'essence pollue !)

la taxe pour l'enlèvement des ordures ménagères est un "droit à polluer"

tout arrêté préfectoral autorisant une installation classée est de fait un droit à polluer dans la limite fixée par l'arrêté,

plus généralement toute norme est un droit à polluer jusqu'à la norme, toute taxe un droit à polluer jusqu'à la taxe, etc.



Les principaux inconvénients des permis d'émission ne sont pas d'ordre moral mais sont des difficultés pratiques :

il faut se mettre d'accord sur l'objectif collectif de réduction,

il faut pouvoir sanctionner le non respect des engagements, donc définir des pénalités et leur montant, ainsi que les entités concernées,

ces permis ne sont pas adaptés aux "petites" sources individuelles : les moyens à mettre en oeuvre pour mesurer, contrôler et gérer les émissions des chaudières de maison ou des véhicules particuliers seraient colossaux. Or si l'on ne prend pas en compte le transport et le chauffage c'est près de 50% des émissions de CO2 qui "passent à la trappe".

et surtout, il faut se mettre d'accord sur la manière dont on répartit les émissions : il faut définir les modalités de passage d'une réduction collective, donc d'une "autorisation" collective à des autorisations individuelles : donne-t-on à chacun au prorata de ses émissions de l'année précédente (ce qui avantage immédiatement les gros émetteurs inefficaces, qui pourront plus facilement réduire par la suite), ou au prorata de l'émission moyenne du secteur par unité de production (ce qui avantage immédiatement ceux qui sont plus performants que la moyenne, donc les plus faibles émetteurs) ?

Enfin la question suivante reste en suspens : quand une société n'a pu atteindre ses objectifs pour une période donnée qu'en achetant des permis, sur quelle base lui fixe-t-on son objectif de la période suivante ? A partir du niveau qu'elle a réellement atteint, ou a partir du niveau qu'elle aurait du atteindre ?



Par rapport aux permis, la taxe (sur les produits conduisant à des émissions, comme l'essence par exemple, ou sur les émissions elles-mêmes) a l'avantage d'une facilité de gestion bien plus grande :

elle évite la discussion sur la répartition initiale de l'effort, ou plus exactement elle fait de la négociation individuelle (pour payer moins) un cas particulier et non la règle,

son coût est immédiatement proportionnel à la nuisance, et elle ne représente donc pas une prime aux mauvais élèves comme l'est un système de permis avec un niveau de référence qui est celui des émissions historiques (quand chacun doit faire l'année suivante -X% par rapport à l'année précédente, sans distinguer entre ceux qui ont déjà un niveau d'émissions très bas et ceux qui ont encore un niveau très élevé),

les coûts de gestion sont beaucoup plus faibles, car la perception peut se faire de manière très concentrée (chez les pétroliers ou les fournisseurs d'électricité - pour les centrales à gaz et à charbon - par exemple),

si la taxation se fait sur les précurseurs d'émissions (comme l'essence par exemple) il n'y a pas besoin de mesurer - ou de calculer - les émissions elles-mêmes chez les consommateurs pris un par un.



Par ailleurs, la taxe est perçue sur l'ensemble des émissions, alors que les permis n'ont pour assiette que les quotités échangées.

Mais la taxe - qui serait la chose à faire si nous sommes cohérents entre notre souhait de sauver la planète et ce que nous sommes prêts à supporter personnellement - suppose un contexte un peu harmonisé au niveau mondial, sinon le risque de "dumping fiscal" est grand : les gros émetteurs de gaz à effet de serre pourraient se délocaliser dans des pays peu ou pas taxés, et, comme le lieu d'émission est sans importance pour les gaz à effet de serre, le but recherché - qui est une diminution globale des émissions - pourrait ne pas être atteint.
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# Posté le samedi 26 novembre 2005 05:17

Modifié le samedi 26 novembre 2005 23:57

le site de la Plate-Forme Prévention Sida

le site de la Plate-Forme Prévention Sida
http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/aidsfr/aids_w_b.htm

http://www.preventionsida.org/portal/articles.php?cat=Le+sida+en+Belgique

Bienvenue sur le site de la Plate-Forme Prévention Sida

La Plate-Forme Prévention SIDA regroupe depuis mai 2000 différents acteurs travaillant dans le champ de la prévention du sida.

Financée par le Ministère de la Santé de la Communauté Française, la Plate-Forme Prévention Sida a pour mission :
- le soutien de la concertation des acteurs de la prévention du sida autour des axes à développer dans les campagnes de prévention
- et la mise en ½uvre de la réalisation de ces campagnes.

Chaque année, deux temps forts :

-Une campagne été, plus ciblée sur les jeunes.:

Les objectifs de cette campagne sont de sensibiliser les jeunes aux modes de transmission du sida et des MST, de promouvoir et de banaliser l'usage du préservatif, et de valoriser l'attitude de protection lors des relations sexuelles. La plate-forme va à la rencontre des jeunes dans les festivals de musiques et autres événements culturels afin de distribuer des préservatifs et des consignes de prévention (Permis de Séduire, Pochette « InZePocket »). Pour rappeler le coté « fun » du préservatif tout en mettant en garde contre les maladies sexuellement transmissibles.

-Journée Mondiale contre le Sida :

Cette journée a pour but de sensibiliser tout un chacun à la problématique de la séropositivité, du sida. Une journée pour montrer notre solidarité envers les personnes séropositives. Divers activités sont organisées chaque année, comme par exemple, une marche dans les rues de Bruxelles, un événement de sensibilisation autour de la question du sida, le lancement d'une campagne de solidarité envers les personnes séropositives et les malades du sida.

Nous vous souhaitons une agréable visite sur notre site.

L'équipe de la Plate Forme Prévention Sida.


Le SIDA ne se guérit toujours pas

Depuis 1988, l'Organisation Mondiale de la Santé a choisi le 1er décembre pour célébrer la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Au cours de cette journée, des personnes du monde entier se réunissent pour trouver un moyen de lutter contre la maladie. C'est également l'occasion de rappeler aux autorités mondiales que les chercheurs ont besoin de plus de moyens pour avancer dans leur travail de recherche.

Enfin, cette journée reste aussi une preuve de solidarité envers plus de 40 millions de personnes séropositives dans le monde. Car, malgré les recherches, le SIDA ne se guérit toujours pas.

# Posté le mercredi 30 novembre 2005 10:46

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 04:46

Histoire d'eau... VIDEO: les maîtres de l'eau ...



































VIDEOS

Les maîtres de l'eau

http://www.cieau.com/accueil.htm

L'eau : le pétrole du XXIème siècle 24

http://www.dailymotion.com/relevance/search/L%27eau+:+le+p%C3%A9trole+du+XXI%C3%A8me+si%C3%A8cle+24




TEXTES

http://www.unesco.org/water/index_fr.shtml

http://environnement.wallonie.be/education/eau/

http://www.ec.gc.ca/water/fr/info/gloss/f_gloss.htm

http://www.cieau.com/toutpubl/sommaire/index_flash.htm

http://www.oieau.fr/index.htm

http://www.eau.be/fr/histoire_d_eau.htm

H2O, la molécule d'eau

L'eau, très présente sur notre Terre et, par ailleurs, indispensable à la survie de tout être vivant animal ou végétal, n'est pas un liquide banal. Elle a des propriétés physiques fort originales qui résultent de la composition même de sa molécule et de la façon dont ces molécules se lient entre elles. On peut ainsi la trouver sous trois formes : liquide, solide ou gazeuse.

Les propriétés de l'eau

La liaison hydrogène est à l'origine des propriétés chimiques et physiques particulières de l'eau.

L'eau peut se trouver sous trois états : liquide, solide et gazeux. Seul ce dernier état correspond exactement à la formule classique de la molécule d'eau H2O. Les deux autres, liquide et solide, sont plus compliqués, et c'est cette complexité qui leur confère leurs propriétés exceptionnelles.

Propriétés chimiques de l'eau

L'eau est une substance qui a une forte propension à dissoudre d'autres éléments.

De ce fait, elle peut attaquer les parois d'un récipient qui la contient, sculpter des paysages. Elle peut aussi dissoudre des gaz présents dans l'air comme le gaz carbonique ou l'oxygène (oxygène dissous). Par exemple, l'eau contenue dans le corps humain sert de support à la multitude de réactions et d'échanges qui sont nécessaires à la vie.
L'eau vraiment pure n'existe pas. La définition même de l'eau pure diffère suivant les usages que l'on veut en faire. Ainsi, un buveur d'eau n'aura pas les mêmes critères d'appréciation qu'un chimiste sur la qualité de l'eau. Le premier voudra une eau débarrassée des germes mais pas des sels minéraux sans laquelle elle serait imbuvable. Le second cherchera avant tout à la débarasser de ses cations et de ses anions, mais ne se préoccupera pas, en revanche, de la présence de matières organiques.

La première opération chimique réalisable avec l'eau est sa dissociation en protons H+ et en ions hydroxyles OH-. La répartition entre les deux se mesure avec le pH (potentiel hydrogène). L'échelle va de 0 à 14 : plus on se rapproche de 0, plus l'eau est acide, plus on se rapproche de 14, plus elle est basique. L'eau est neutre lorsque son pH est à 7.
L'eau joue un rôle très important dans toutes les réactions chimiques qui impliquent des matières chargées électriquement.

Outre ses qualités chimiques propres, l'eau est un excellent véhicule, notamment pour les agents agressifs comme les acides ou le gaz carbonique. Le gaz carbonique, dans l'eau, se transforme en un acide faible qui, par la suite dissout, entre autres, le calcaire. Cependant, une élévation de température ou une aération de l'eau reprécipite le calcaire sous forme de tartre. De la même façon, l'eau des océans régule la teneur en gaz carbonique de l'atmosphère.

Propriétés physiques de l'eau

En dehors de ses propriétés chimiques, l'eau a aussi de nombreuses propriétés physiques assez particulières.

Le principe de Pascal

L'eau ne peut pas se comprimer, ni augmenter de volume, c'est le principe de Pascal. Si on lui fait subir une pression, elle va retransmettre cette pression subie. Or la pression d'une masse liquide est la même sur tous ses points d'application. C'est sur la base de ce principe que fonctionnent des appareils tels que les presses hydrauliques ou les systèmes de freinage hydrauliques

Le principe d'Archimède

Une autre de ses propriétés est expliquée par le principe d'Archimède, qui peut s'énoncer ainsi : "Tout corps plongé dans un liquide subit une poussée vers le haut équivalente au poids du liquide qu'il déplace".
Ce principe se fonde sur la réalité de la pression hydrostatique : la masse d'un corps est neutralisée par une poussée hydrostatique vers le haut. La poussée hydrostatique est toujours égale au poids de l'eau déplacée par le corps. Si le corps est plus dense que l'eau, il coule; s'il est moins dense, il flotte; si sa densité est la même, le corps reste flottant à n'importe quelle profondeur.

L'application la plus courante de cette propriété est la flottaison des bateaux assurant les transports maritimes et fluviaux.

Autres propriétés

Une des propriétés physiques les plus particulières de l'eau est que, lorsqu'elle gèle dans les lacs, les rivières..., elle ne commence pas à geler par le fond mais par la surface. Ceci est dû au fait que la glace est plus légère que l'eau. En effet, l'eau augmente de volume en se solidifiant, sa densité va donc être moindre. La densité est le rapport de la masse par rapport au volume :

- densité de la glace : 0,920 g/cm3
- densité de l'eau : 0, 997 g/ cm3.

Ainsi, la glace va flotter à la surface de l'eau. On peut observer ce phénomène simplement en mettant des glaçons dans un verre d'eau, on constatera que les glaçons remontent automatiquement vers la surface.
Le coefficient de compressibilité isotherme est petit mais cependant suffisant pour abaisser le niveau des mers de 40 mètres. En conséquence lorsqu'il y a de grandes décompressions atmosphériques, liées à des tempêtes, le niveau des mers remonte.

La tension superficielle est aussi très élevée, ce qui permet à l'eau de s'insérer partout, dans les crevasses, les rochers... et ainsi, lorsqu'elle gèle, de faire éclater les rochers. L'eau tient une part importante dans le modelage de nos paysages.

LE CYCLE DE L'EAU, LE MOUVEMENT PERPÉTUEL.

Le cycle de l'eau est tout simplement le cycle de la vie. Avec celui du carbone, il détermine en grande partie le climat. Dans le cycle de l'eau, l'eau s'évapore des surfaces aquatiques pour former les nuages. Ensuite, par condensation, elle retombe sous forme de pluie ou de neige et alimente les cours d'eau et les nappes phréatiques.
Ce cycle est permanent. Son élément moteur est le soleil. Il rayonne de l'énergie thermique qui active et maintient les masses d'eau en mouvement.
Bref, depuis les temps géologiques, l'eau passe d'un "réservoir" à l'autre. Elle se régénère et est toujours différente. Il ne s'en crée pas, ne s'en perd pas. Elle se déplace, tout simplement...
L'eau d'aujourd'hui est donc aussi celle qu'ont connu nos ancêtres.
Ce système clos, étonnamment stable, est appelé "hydrosphère". Et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il force l'admiration, car l'eau est vraiment l'élément régulateur de la vie.


L'hydrosphère


L'hydrosphère, c'est la somme des réservoirs d'eau de la planète :
- les mers et océans
- les eaux continentales (de surface et souterraines)
- l'atmosphère
- les eaux libérées par la biosphère

L'hydrologique

Le cycle hydrologique est un processus simple. L'eau, l'air, la chaleur et le sol sont les 4 éléments qui y participent.
- la chaleur solaire fait s'évaporer l'eau terrestre et marine
- en s'élevant cette vapeur d'eau se refroidit et se condense.
Elle forme ainsi des nuages ;
- la température de la surface des océans influence fortement la formation de vapeur d'eau ;
- le taux d'humidité du sol détermine la quantité d'eau qui passe dans l'atmosphère, mais les végétaux libèrent aussi de l'eau par évapotranspiration.


Une énergie à 2 sources


L'énergie nécessaire pour faire circuler l'eau est fournie par le soleil et la gravité de la Terre.
Cette théorie "atmosphérique" est restée controversée jusqu'au milieu du XVIIe siècle, s'opposant à celle du "cycle souterrain".
Fondée sur les philosophies de l'Antiquité et sur celle judéo-chrétienne du Déluge, elle considérait que la mer est à l'origine des eaux et qu'elle baigne dans le centre surchauffé
de la Terre. Elle prétendait que - par évaporation et capillarité - l'eau traversait ainsi le plafond des grottes, considérées comme tapissant le sous-sol, pour former les rivières s'écoulant dans les océans...

Un très long parcours

Mais combien parcourt une goutte d'eau ? Savez-vous qu'une goutte d'eau qui évolue dans son cycle peut parcourir en moyenne 1.000 km ?
1000 km3 : c'est aussi l'évaporation quotidienne estimée de l'eau des océans.
Combien de temps reste-t-elle en moyenne dans l'atmosphère ? Environ 8 à 10 jours. Condensée par le froid, elle devient nuages, sous forme de neige ou de pluie et retombe à la surface du globe :
- 60% de cette eau s'évaporent à nouveau
- 15% ruissellent et se jettent dans les cours d'eau, les mers et les océans ;
- 25% s'infiltrent et alimentent les rivières et nappes souterraines.

Des temps de séjour très différents

Si l'eau reste 8 à 10 jours en moyenne dans l'atmosphère, son temps de résidence est très variable selon le "réservoir" dans lequel elle se trouve. Ainsi, on estime qu'une goutte d'eau reste... 37.000 ans dans la mer avant de s'évaporer à nouveau.

Et les fleuves ?

Beaucoup d'entre eux se renouvellent complètement en 16 ans en moyenne.

Que d'eau !

L'eau est le liquide le plus abondant sur Terre.
Répartition de l'eau
Océans 97,3%
Nappes phréatiques 0.6%
Fleuves 0,02%
Calottes polaires et glaciers 2,1%
Vapeur d'eau 0,01%


L'eau précieuse

L'eau couvre 70% de notre planète, mais seuls 2,5% de cette énorme quantité est constituée d'eau douce. De ces 2,5%, à peine 0,26% sont directement disponibles pour la consommation humaine.
Bref, l'eau est finalement une ressource naturelle limitée. Que l'homme ne préserve pas vraiment. Voilà pourquoi elle est si précieuse...

Atmosphère, atmosphère...

A tout moment, l'atmosphère présente une teneur moyenne en eau capable de recouvrir uniformément la Terre d'une couche de pluie de 2,5 cm. Soit l'équivalent de 10 jours de pluie ininterrompus.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme...

En matière d'eau, la loi de Lavoisier se vérifie depuis les temps les plus lointains. Les quantités d'eau disponibles sur la planète n'ont pas varié depuis quasi l'aube des temps ; à savoir depuis 3 milliards d'années.

Combien d'eau s'évapore chaque année de la surface des mers ?

Environ 1,4 m, soit près de 575 000 km3.

Combien pleut-il ?

La pluviométrie des 5 continents réunis représente quelque
1 100 000 km3 par an :
- Asie, en moyenne 30 000 km3/an
- Amérique du Sud, en moyenne 27 000 km3/an
- Afrique, en moyenne 20 000 km3/an
- Amérique du Nord, en moyenne 17 000 km3/an
- Europe, en moyenne 8 000 km 3/an
- Australie, en moyenne 6 000 km3/an

La Terre, vernie des astres

L'eau peut se former spontanément à partir de deux atomes d'hydrogène et d'un atome d'oxygène, mais seulement sous certaines conditions :
- des quantités suffisantes d'oxygène et d'hydrogène ;
- une température pas trop élevée (pas plus de 2 000 à 3 000 °C) ;
- un rayonnement ultraviolet pas trop important.

Or, ces conditions sont difficiles à réunir. En particulier, l'univers comporte 90 % d'hydrogène contre "seulement" 0,1 % d'oxygène.
En l'état actuel de nos connaissances, la Terre est la seule planète du système solaire comprenant de l'eau liquide. Nous vivons donc bien sur la planète de l'eau... qui est aussi la planète de la vie.

La Terre est la planète du système solaire qui possède le plus d'eau sur sa surface et dans son atmosphère. Toutefois, cette eau est inégalement répartie sur la surface du globe et toutes les contrées n'ont pas la chance d'en disposer de la même façon.

La source de la vie

Ce récit a de la magie, celle de la vie : les astéroïdes et comètes qui ont formé la Terre en s'agglomérant contenaient l'eau qui constitue celle de notre planète. C'était il y a 4 milliards d'années.
La Terre a ensuite connu une période de dégazage, où les volcans ont libéré l'eau sous forme de vapeur. Cette vapeur est restée confinée dans l'atmosphère aussi longtemps qu'elle s'est maintenue au-delà de 100°C, créant ainsi un effet de serre important.
Lorsque la température a baissé en dessous des 100°C, la vapeur atmosphérique s'est condensée pour former les océans. C'était il y a 3,8 milliards d'années. Une faible quantité de vapeur d'eau est alors restée dans l'atmosphère et - avec le CO2 des volcans - a maintenu un certain niveau d'effet de serre... sans lequel la Terre ne serait qu'une boule de glace !
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# Posté le vendredi 09 décembre 2005 09:51

Modifié le samedi 28 novembre 2009 14:58

Le diamant et la rosée ... Christian Godefroy

Le diamant et la rosée ... Christian Godefroy
Un beau diamant, tombé des mains d'une princesse gisait
dans un pré. Juste au-dessus de lui, brillait une goutte de
rosée, timidement accroché à un brin d'herbe.

Le soleil les faisait étinceler et la modeste goutte de
rosée admirait la pierre de noble origine. Un gros scarabée
en promenade reconnut dans le diamant un personnage de haute
origine.

- Seigneur, mes hommages.
- Merci mon bon, répondit le diamant avec hauteur.
En relevant la tête, le scarabée aperçut la goutte de rosée.
- Une de vos parentes, je présume ? E il s'inclina une
seconde fois.

Le diamant partit d'un éclat de rire méprisant.
- Quelle absurdité ! Déclara-t-il. Me mettre, moi, sur le
même rang qu'un être vulgaire !
Sa beauté n'est qu'imitation : elle brille mais ne dure
pas.
Et le diamant lança de tels feux que le scarabée fut
ébloui. La pauvre goutte de rosée était humiliée.

C'est alors qu'une alouette descendit en flèche et vint
donner du bec contre le diamant.

- Ah ! fit-elle désappointée, ce que je prenais pour
une goutte d'eau n'est qu'un misérable diamant. Mon gosier
est desséché, je vais mourir de soif.
- Une de plus ou de moins... ricana le diamant.
Mais la goutte de rosée venait de prendre une noble
résolution.
- Puis-je vous être utile, moi ? demanda-t-elle.
L'alouette releva la tête.
- Oh! ma précieuse amie, vous me sauveriez la vie.
- Venez, alors.
Et la goutte de rosée glissa du brin d'herbe dans le
gosier altéré de l'alouette.

Voilà une leçon que je n'oublierai pas pensa le scarabée
en reprenant sa promenade. Le simple mérite vaut plus que le
rang et la richesse sans modestie et sans dévouement. Il ne
peut y avoir aucune réelle beauté sans cela.

(c)2005, www.club-positif.com

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"Le mérite console de tout"
Montesquieu

# Posté le mercredi 14 décembre 2005 01:07

Exclusion sociale ...

Exclusion sociale

Faire de la pauvreté un ennemi public
Rachel Crivellaro


Mis en ligne le 22/12/2005
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Le 3e rapport sur la pauvreté en Belgique rappelle que 15pc de la population vit
sous le seuil de pauvreté. Au-delà des constats, ses rédacteurs lancent un appel en faveur d'actions concrètes.
Pour que ce rapport ne reste pas de nouveau lettre morte.

Johanna de Tessières

Et de trois. Les rapports sur la pauvreté et l'exclusion sociale se suivent et se ressemblent, sans qu'ils ne parviennent réellement à inverser la tendance. En 2005, dix ans après le 1er rapport, 15pc de la population belge vit encore sous le seuil de la pauvreté. Par là, il faut comprendre les personnes qui vivent avec moins de 60pc du revenu national médian. Et, à cette partie émergée de l'iceberg, il faut aussi ajouter toutes les personnes qui échappent aux statistiques, cachées dans les zones grises qu'engendre une pauvreté toujours plus protéiforme.

«Tests de pauvreté»

Ce n'est d'ailleurs pas la moindre des conclusions de ce Rapport général sur la pauvreté - réalisé par le Service de lutte contre la pauvreté - remis officiellement mercredi au ministre de l'Intégration sociale, Christian Dupont (PS). Résultat du croisement de diverses formes de débats, le rapport intitulé « Abolir la pauvreté» présente 76 résolutions et quelque 200 pistes de réflexion destinées à susciter un réel débat de fond sur la problématique. Face, par exemple, à ce nouveau phénomène qu'est la précarité croissante de certains salariés - les «working poors» - le Service plaide pour la sécurité de l'emploi et demande une réglementation plus stricte en ce qui concerne le travail intérimaire, de plus en plus utilisé pour remplacer les travailleurs fixes. Un autre levier pour sortir de la pauvreté et le plus porteur d'espoir, c'est l'enseignement, peut-on également lire dans le rapport. Le Service plaide par ailleurs pour une solidarité entre communes pour la création de logements sociaux, afin que les communes riches en accueillent également, une meilleure information sur les services d'accompagnement des personnes en difficulté et une multiplication des possibilités relatives à la participation culturelle et l'implication politique. On l'a dit, le «rapport» veut dépasser les constats au profit de recommandations, dont celle majeure de fixer un agenda politique en matière de lutte contre la pauvreté: «pour que le rapport ne reste pas lettre morte».

Selon Eliane Deproost, directrice adjointe du Centre pour l'égalité des chances, «ce rapport suscite des attentes très grandes. Le suivi des deux précédents rapports du Service ne s'est pas déroulé comme on pouvait l'espérer». Egalement président de la Conférence interministérielle de l'intégration sociale, Christian Dupont s'est pour sa part engagé à demander à tous les ministres qui y participent de proposer dans les mois qui viennent au moins deux mesures concrètes visant à réduire la pauvreté. Entre autres propositions, le ministre entend soumettre prochainement au conseil des ministres un «test pauvreté». Ce test devrait devenir un instrument en vue de mesurer l'effet de toutes les décisions politiques sur les groupes à plus faibles revenus.


Plus d'un million de personnes à risque

Aussi froides et réductrices soient-elles, les statistiques concernant la pauvreté sont implacables.

La pauvreté constitue un phénomène difficilement quantifiable. En partie parce que certaines catégories de population (essentiellement des personnes vivant dans la pauvreté) ne sont pas représentées dans les banques de données et ne se retrouvent donc pas dans les chiffres non plus. N'empêche. Les indications qui suivent proviennent surtout du panel communautaire des ménages (PCM), à savoir une enquête européenne basée sur un questionnaire harmonisé, qui interroge annuellement un panel représentatif de ménages et d'individus en Belgique. Il couvre un large éventail de sujets: revenus (y compris les transferts sociaux), santé, éducation, logement, caractéristiques socio-démographiques y inclus l'emploi, etc. Or, d'après les derniers chiffres du PCM, en 2001 en Belgique, 13pc de la population connaissaient un risque accru de pauvreté.



En chiffres absolus, cela équivaut à 1300000 personnes environ. Et, selon les chiffres d'EU-SILC (European union statistics on income and living conditions) - une nouvelle statistique sur le revenu et les conditions de vie - plus récents mais provisoires, 15,2pc de la population (soit 1520000 personnes environ) connaissent un risque de pauvreté. Le critère appliqué pour mesurer le risque de pauvreté est le seuil de 60pc du revenu national médian équivalent. Lorsque le revenu total d'un ménage se situe en dessous de ce seuil, on parle d'un risque accru de pauvreté. Selon les données du PCM, cela signifie que 13pc de la population ne dispose pas d'un revenu de 9295¤/par an ou 775¤/mois pour un isolé et de 19520 ¤/an ou 1627¤/mois pour un ménage composé de deux adultes et deux enfants. Ce résultat est toutefois meilleur que la moyenne européenne qui s'élève à 15pc. D'après les chiffres basés sur le PCM de 2001, le risque de pauvreté est plus élevé chez les femmes (15pc) que chez les hommes (12pc). La différence est plus frappante encore en Wallonie: 18pc pour les femmes contre 12pc pour les hommes. Les moyennes belges sont légèrement inférieures aux moyennes européennes.

© La Libre Belgique 2005
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http://www.editionsquartmonde.org/rqm/document.php?id=192


Georges de Kerchove
La précarité de la rue.
Résumé


A un moment ou à un autre, on peut se retrouver dans l'impasse totale, en train de hurler sa solitude. Il n'y a pas les bons et les mauvais, mais des personnes susceptibles de tomber dans des moments de désespoir. Et aussi d'en sortir. Si elle se solde souvent par des échecs, la solidarité peut aussi permettre de tenir le coup.



Il y a peu, au cours d'une réunion de la cellule ATD Quart Monde des droits de l'homme de la gare centrale à Bruxelles, on discutait de la sécurité dans la rue. Pas de grandes considérations ou d'analyses complexes, mais des exemples tout simples tirés de la vie quotidienne, des exemples qui s'articulent et se complètent, qui nous invitent à réviser nos schémas de pensée.

Ce thème n'avait pas été programmé. Il avait été abordé spontanément par un des participants depuis trop longtemps soumis à la violence de la rue. On le sentait tendu, épuisé même de vivre dans la peur, jour et nuit, sans répit, toujours sur le qui-vive, craignant à tout moment une agression ou le vol d'un caddie à roulettes dont il ne voulait jamais se défaire. Il le traînait partout avec lui, comme le bien le plus précieux qui soit. Et il nous parla de son expérience : “ Dans un endroit chauffé, on s'endort profondément, mais alors on risque d'être volé. Où aller ? Certains préfèrent dormir seuls pour passer inaperçus, d'autres au contraire dorment à plusieurs, il y a moins de risques d'être volé. Que dire des femmes à la rue ? C'est encore plus terrible pour elles. Elles n'ont aucune intimité. Elles ne risquent pas seulement le vol... elles perdent tout. Une femme à la rue est encore moins respectée que nous. ”

Cet habitant de la rue fit alors une pause et je lui posai la question : “ C'est quoi être respecté ? ” Il leva vers moi ses yeux fatigués par de multiples nuits sans véritable sommeil. Il expliqua alors sans hésitation, d'une voix étonnement ferme comme s'il avait déjà mûri depuis longtemps sa réponse : “ Etre respecté, c'est quand on s'adresse à vous en disant “ : monsieur, vous... ” surtout si c'est la police qui vous interpelle. ” Puis, pensivement, il ajouta, comme pour lui-même : “ Il y aurait moins d'incidents s'ils nous disaient vous ”.

On est poussé à la violence.

Un autre homme saisit la balle au bond. Il faut dire qu'il entretenait des rapports difficiles avec les autorités de police, leur reprochant à la fois de ne pas être assez présentes et de l'être trop. Il donna un exemple de ce qu'il vivait comme une discrimination injuste frappant les personnes qui mendient et les poussant au vol ou à la violence : “ Il y a des contrôles accrus. Ceux qui font la manche se voient confisquer leur titre de transport, ils ne peuvent plus entrer. Ils sont donc interdits de gare, et ça, parce qu'ils mendient. Comment voulez-vous qu'ils survivent alors puisqu'ils n'ont que la manche ? On veut les faire voler... ? ”

Une troisième personne qui avait la rage au c½ur renchérit : “ Le matin, ils me réveillent parfois à coup de matraque et me chassent de la gare quand les équipes de nettoyage commencent leur travail. Je n'ai jamais de nuit complète. ” Elle ponctua son intervention d'un énorme coup de poing sur la paroi anti-agression d'un magasin contre laquelle elle était adossée.

Nullement impressionnée par cette bruyante démonstration de force, une femme plus âgée l'interrompit : “ Tu ne respectes pas non plus les gens. Tu fumes là où c'est interdit, tu jettes tes mégots n'importe où. Tu laisses des canettes de bière et des crasses derrière toi et des gens doivent ramasser tes détritus. Tu vas même pisser dans les coins. Quand tu fais la manche, tu insistes tellement, tu fais peur aux voyageurs, ils se sentent menacés. Certains s'en plaignent à la police. Comment veux-tu alors être respecté ? ”.

Cette femme en connaissait un brin sur le monde des sans-abri. Elle participait aux réunions de la cellule depuis des années. Militante d'ATD Quart Monde depuis très longtemps, dotée d'un rude franc parler, elle était toujours là quand il fallait accompagner quelqu'un pour faire des démarches, râlant quand la personne ne se présentait pas au rendez-vous, mais quand même disposée à reprendre la démarche si on le lui redemandait. Depuis quelques mois, elle s'était fait engager à mi-temps en qualité de dame d'entretien dans une toilette de la gare. Rémunérée en grande partie au pourboire, elle laissait systématiquement entrer les habitants de la rue sans les faire payer. C'était pour elle une façon de s'engager, en contribuant à en donner, peut-être de manière prosaïque, une meilleure image. Il ne fallait d'ailleurs jamais adopter devant elle un ton méprisant à l'égard d'un sans-abri. Elle vous remettait alors à votre place avec une rudesse sans pareil.

Tout semblait donc dit. On ne pouvait que donner raison à cette femme. Certes, elle s'était montrée quelque peu moralisatrice. Son propos tenait en une phrase : respecte les autres et ils te respecteront. En fait, il reflétait assez bien ce que pensent les services de nettoyage ou ceux qui sont à un titre ou à un autre chargés de l'ordre dans les gares. Si on parle de climat d'insécurité dans les gares, ceux-ci risquent d'incriminer parmi d'autres causes, l'attitude parfois agressive de certains sans-abri qui importunent ou effrayent plus d'un usager. En outre, sa réflexion laissait entendre qu'il y a les bons et les mauvais sans-abri : ceux qui savent encore se tenir, qui ne mendient pas avec trop d'insistance, et les autres qui ne respectent rien, qui sèment l'insécurité et troublent l'ordre, avec lesquels plus aucun dialogue n'est possible. Pour ceux-là, il n'y a d'autres alternatives que la répression. Ce sont eux qui ternissent l'image de l'ensemble. Il suffirait donc de fustiger les quelques-uns uns dont l'attitude est inqualifiable. L'idéal serait d'ailleurs que ce “ contrôle ” émane des sans-abri eux même. Que les autres sans-abri soient les premiers à leur dire qu'ils insécurisent tout le monde et donnent une réputation exécrable à tous.

Quand on n'a plus d'espoir, on est violent.

Un jeune s'avança alors. Il avait une trentaine d'année, mais il paraissait davantage. A reprendre les distinctions implicites de l'intervenante précédente, il semblait appartenir à la catégorie de ceux qui respectent le moins les autres. On devinait une rage en lui, il s'exprimait avec moult gestes, trouvant difficilement les mots. Pourtant, il n'élevait pas le ton, nous forçant même à tendre l'oreille pour comprendre ce qu'il voulait dire. “ Il y a quelques jours, j'ai défoncé la porte du dessous, comme ça, pour rien. Je suis une boule de nerfs, j'ai fait six ans de rue... La solidarité me permet de tenir le coup. Mais elle n'existe pas toujours, elle est même très difficile quand on est à la rue. C'est parfois tellement dur que ça devient du chacun pour soi. On en veut à tout le monde. Alors ce que cette dame dit, c'est vrai et c'est pas vrai. Quand on est seul et qu'on n'a plus d'espoir, on est violent. Personne ne changera rien à ça. A ces moments-là, tu t'en fous de tout, tu n'as plus rien à perdre, tu bois, et tu laisses les canettes et les crasses n'importe où, tu interpelles les voyageurs pour avoir quelques pièces. Tu insistes et eux, ils t'évitent et font semblant de ne pas te voir, tu les gènes, tu sais que tu pollues leur air et tu te sens encore plus dans le fond. Même si tu obtiens des pièces, la rage et la honte augmentent. ”

Il se fit un silence. Chacun se reconnaissait dans ce que disait cet homme. La réflexion de la dame se heurtait à l'expérience de la rue. Tout le monde pouvait à un moment ou à un autre se retrouver dans l'impasse totale, en train de hurler sa solitude par l'agressivité, la boisson ou la destruction, voire l'autodestruction. Il n'y avait donc pas les bons et les mauvais, mais tous étaient susceptibles de tomber dans des moments de désespoir. Et aussi d'en sortir. N'avait-il pas dit que la solidarité lui permettait de tenir le coup ? A de nombreuses reprises, certains, n'ayant pas plus que lui, lui avaient tendu la main, qui, pour donner une couverture ou pour l'héberger, qui, pour l'accompagner dans ses démarches ou lui donner des filons. Lui-même était venu en aide à d'autres, mais trop souvent ces aides s'étaient soldées par des échecs, parfois même dans la violence.

Une solidarité difficile à vivre.

Lorsqu'il parlait de cette solidarité si difficile à vivre quand on est dans la rue, nous avions tous en tête l'arrestation de Josse survenue quelque temps auparavant. Josse venait de squatter un logement. Une aubaine selon lui. Il pouvait vraiment y dormir en toute sécurité. Personne ne venait le déranger. Très vite, il avait hébergé un de ses compagnons de la rue, mais celui-ci avait volé une partie de l'argent qu'il venait de recevoir de l'assistance publique. Le montant était dérisoire en soi mais important à ses yeux. Aveuglé par la colère, il avait vu rouge. Il l'avait roué de coups et presque étranglé, le laissant pour mort sur la paillasse qui lui servait de lit. Le malheureux avait été retrouvé le lendemain, baignant dans son sang, encore en vie mais mutilé pour le restant de ses jours. Jugé incapable de maîtriser ses pulsions, Josse avait été déclaré irresponsable de son acte et rapidement interné.

J'aurais souhaité pour ma part que le psychiatre qui a rédigé le rapport concluant à l'irresponsabilité de Josse participe à cette réunion. Il aurait peut-être alors pu mieux cerner la personnalité de celui-ci et mieux prendre conscience de la responsabilité d'une communauté qui laisse dans la solitude et le désespoir ses membres les plus fragiles, rend une solidarité entre eux presque impossible et les expose à une insécurité de chaque instant qui mine les nerfs et finit par rendre fou...
Pour citer cet article :
Georges de Kerchove. «La précarité de la rue.». Revue Quart Monde, "Vieillir"Année 2005Revue Quart Monde
document.php?id=192

Quelques mots à propos de : Georges de Kerchove

Avocat au barreau de Bruxelles, Georges de Kerchove est rédacteur en chef de la revue Droit en Quart Monde. Il est aussi l'auteur de Les gueux sont des seigneurs
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# Posté le jeudi 22 décembre 2005 03:21

Modifié le dimanche 01 février 2009 04:41