Conférence de Christian Velot, Maître de conférence en génétique moléculaire (Univ Paris-Sud XI), chercheur a l'institut de génétique et de microbiologie (centre scientifique d'Orsay). Dans cette conference donnee a Toulouse en 2005, il donne une explication scientifique très pédagogique de ce que sont les OGM. Cette video est en ligne car son auteur encourage sa propagation, mais elle fait par ailleurs partie d'un DVD qui coûte 10 euros et dont les recettes servent a soutenir le mouvement des faucheurs volontaires.
Vous pouvez le commander sur le site de la Confédération Paysanne en suivant ce lien :
http://www.confederationpaysanne.fr/index.php?rubrique_id=12«
http://www.natpro.be/analyse33.htmhttp://www.ogmdangers.org/http://www.infogm.org/http://www.ogm.org/http://www.ogm-info.com/Les OGM ? Pour quoi faire ? Deux événement d'actualité, en rapport avec les OGM, nous ont amenés à formuler la petite synthèse qui suit. Il y a, tout d'abord, la volonté nette des producteurs d'OGM de faire inscrire dans la loi un seuil de pollution minimum de toutes les semences non OGM, c'est-à-dire de se faire octroyer le droit à saccager impunément un patrimoine de l'humanité. Il y a aussi l'inscription – plus anodine qu'on ne pourrait le croire de prime abord – au catalogue européens de variétés de maïs déjà autorisées par certains états membres.
Par Marc Fichers
En fin de mandat, la Commission européenne présidée par l'Italien Romano Prodi fut appelée, début septembre, à débattre, une fois encore de la redoutable question des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'est pas sortie de l'impasse. Mais que faut-il désormais retenir ?
Se battre pour la pureté des semencesDepuis deux ans, l'Europe devait se prononcer sur la délicate question de la pureté des semences, dans un monde supposé plein d'OGM. Le Comité Permanent sur les Semences de l'Union européenne avait été saisi d'une demande des firmes productrices de tolérer, en-dessous d'un seuil déterminé, la présence de semences OGM dans les lots de semences. Cette tolérance permettait de ne pas devoir mentionner la présence d'OGM sur l'étiquette. Au gré des discussion, le seuil de tolérance a varié entre 0,3 et 0,7 %. Si un autre seuil que le seuil zéro (le seuil de détection) était accepté, cela voudrait dire que n'importe quel lot de semences pourrait contenir des OGM sans devoir être étiqueté !
C'est donc un véritable droit à polluer impunément que les firmes souhaitent obtenir de la Commission européenne, c'est le droit d'obliger l'agriculteur à semer à son insu plusieurs milliers de plants OGM à l'hectare chaque fois qu'il emblavera un champ ! Et comme une plante se reproduit et que les graines sont viables plusieurs années dans le sol, on mesure l'impossibilité qu'il y aurait à rattraper une pollution de ce genre.
Fort heureusement, aucune décision n'a encore pu être prise à de sujet. La décision était sur la table de la Commission Prodi le 8 septembre dernier. Elle n'est pas arrivée à trancher, préférant renvoyer la patate chaude dans l'assiette de la prochaine commission.
Dans ce dossier, Nature & Progrès Belgique tient à réitérer très clairement la position qui est la sienne : le seul seuil possible est le seuil zéro, c'est-à-dire le seuil de détection. Tout lot de semences qui ne serait pas indemne d'OGM doit être rigoureusement étiqueté et, par conséquent, nous n'en doutons pas un seul instant, soigneusement mise en quarantaine par les agriculteurs.
Dix-sept nouveaux vieux OGMMais la défunte Commission a – quand même ! – réussi à décider quelque chose le 8 septembre dernier ! Elle a, en effet, approuvé, non pas l'autorisation de nouveaux OGM, comme on l'a souvent dit, mais bien l'inscription au catalogue européen de dix-sept variétés de semences de maïs OGM. Précisons ici que, pour être inscrite au catalogue européen, n'importe quelle semence doit d'abord être autorisée dans un état membre. Et c'était bien le cas de ces dix-sept variétés qui étaient autorisées, en Espagne et en France, depuis 1998 ; que certaines ont même été – en dépit de tout bon sens ! – cultivées en Espagne, sous le gouvernement Aznar (voir notre Petite Gazette n°45). A cette époque, la cause des OGM se décidait entre scientifiques de haut vol, financiers prêts à tout et politiques désinformés... Avec, pour funeste conséquence, le fait que ces variétés pourront désormais être cultivées dans n'importe quel état membre. Mais, comme six années ont passé, une éternité dans le monde frénétique des OGM, gageons qu'il n'y a plus grand intérêt pour qui que ce soit à cultiver aujourd'hui pareils dinosaures. La man½uvre n'est assurément qu'une gesticulation de plus qui a pour but de faire croire au grand public que la cause des OGM avance et que la Commission européenne les accueille à bras ouverts.
Pourquoi autoriser des OGM ?Reste que la question est entière et que tout homme politique ferait bien aujourd'hui de se la poser sérieusement. Pourquoi diable autoriser des OGM ? A quoi pareille décision peut-elle rimer ? Pourquoi donner, à quelques firmes transnationales, le droit de polluer irrémédiablement toute notre agriculture ? Pourquoi programmer la disparition de l'agriculture conventionnelle ? N'évoquons même pas ici le cas de l'agriculture biologique qui sera une première belle proie pour le chat OGM...
Nos responsables politiques doivent désormais savoir que, des OGM, les consommateurs n'en veulent pas ! Toutes les études réalisées sur la question prouvent que plus le consommateur en apprend sur les OGM, moins il en veut.
Les OGM, d'autre part, n'apportent aucune solution à la crise agricole. Aucun syndicat agricole les réclame. Mieux encore, Nature & Progrès Belgique a contribué à mettre en évidence que les pouvoirs politiques locaux, les pouvoirs proches des citoyens, n'en veulent plus non plus : en Wallonie, 30% des communes ont dit clairement non aux OGM, même si elles n'ont que peu de pouvoirs pour s'y opposer. Mais ceci explique peut-être cela...
Enfin, l'agriculture biologique, et l'environnement tout entier, sont aujourd'hui en grave danger. Et si l'agriculture biologique devait pâtir, nul doute que le conventionnel suivrait peu de temps après...
Alors pourquoi les OGM ?Reposons la question une fois encore : pourquoi les OGM ? Pourquoi cette question, latente depuis plusieurs années, n'est-elle pas appréhendée plus fermement par le monde politique ?
Une première réponse s'impose : parce que les responsables ne connaissent rien au dossier et se laissent stupidement berner par les a priori scientistes qui sont les leurs ? Peut-être... Certains responsables politiques affirment encore, sans rire, que les OGM vont sauver les pays du sud de la famine... Chez Nature & Progrès, nous l'affirmons désormais sans crainte : non, les OGM, ce n'est pas le progrès. Tout au contraire, c'est le symbole d'une aliénation totale pour les décennies à venir, du monde paysan, en tout cas, mais surtout de tous ceux qui ont besoin de se nourrir ! De nous tous, en fin de compte...
Une autre explication de la pusillanimité de nos représentants est la volonté de ne pas s'opposer à l'impérialisme économique. Pour beaucoup, la motivation à laisser courir les OGM serait, en effet, d'ordre économique. Mais pour qui serait le bénéfice ? Pour nos concitoyens, ou pour quelques multinationales aux desseins opaques, comme la trop célèbre Monsanto ?
Cela signifierait, à coup sûr, que ce bénéfice serait pour quelques individus, alors que les risques et dégâts seraient assumés collectivement. Comment se fait-il que nos politiques tolèrent une chose pareille ?
A quoi joue l'Europe ?L'Europe est, aujourd'hui, en mal de légitimité. Au vu du dossier des OGM, on comprend aisément pourquoi. Alors qu'elle se charge royalement d'autoriser des chimères et d'organiser la pollution, elle laisse aux différents États membres le soin de régler la coexistence entre les différents types d'agriculture. Tâche ingrate, s'il en est, puisqu'il est aujourd'hui clairement démontré que toute coexistence est rigoureusement impossible !
En Région wallonne, de nombreuses réunions ont été organisées afin de préparer un arrêté qui règlerait la cohabitation de cultures OGM et non OGM. Précisons toutefois que le seul critère qui fut d'emblée retenu fut le préjudice économique ! Le texte wallon partira donc du principe que les risques pour la santé publique et pour l'environnement n'existent pas, puisque l'OGM en question aura été préalablement autorisé au regard de ces critères !
Il est toutefois apparu, dès les premières réunions, que toute coexistence était impossible. Comment garantir, en effet, qu'une moissonneuse qui sort d'un champs de colza ou de blé ne va pas disséminer des graines dans un autre champ ? A moins de consacrer une demi-journée à la nettoyer chaque fois qu'on sort d'un champ...
Un jeu de dupe insupportableIl y a, enfin, la question subsidiaire : en cas de pollution, qui sera responsable ? Le fermier incriminé sera-t-il seulement solvable puisque le risque lié aux OGM est absolument impossible à assurer (voir nos revues Valériane n°s 40 et 44).
Dès ce moment, la situation est donc clairement une situation d'irresponsabilité. Discuter pour donner à certains le droit de polluer, alors même qu'on n'a aucune possibilité de s'assurer sur ces risques de cette pollution, est une leurre absolu. C'est un jeu de dupe dans lequel états et citoyens ne pourront que se faire gruger par les groupes multinationaux.
Alors pour quelle raison le fossé s'élargit-il sans cesse entre l'intérêt des citoyens et les décisions des politiques ? Peut-être parce que nous jugeons inaccessible pour les citoyens que nous sommes le niveau de pouvoir où ces décisions se prennent ? Le quartier européen de Bruxelles serait-il sur une autre planète ? Nous ne devons pas croire une chose pareille ! Nous avons des représentants à l'Europe et nous devons aujourd'hui leur demander des comptes...
Que font nos parlementaires européens ? Que font nos ministres en commissions ? Relayent-ils l'avis du citoyen ? Connaissent-ils suffisamment leurs dossiers ? Hélas, à notre très grand regret, nous devons aujourd'hui en douter...
Nature & Progrès Belgique demande donc que :aucun seuil de pollution ne soit autorisé et que tout lot de semences contenant des OGM, à un seuil supérieur au seuil de détection, soit clairement étiqueté OGM,
que les règles de coexistence qui vont être mises en place par la Région wallonne garantisse l'impossibilité de polluer et établisse des responsabilités claires dans le chef des firmes qui vendent les OGM et des agriculteurs qui en cultiveraient,
qu'un règlement responsabilisant les sociétés commerciales, propriétaires et distributrices de semences, soit voté au niveau régional et européen,
que nos parlementaires s'inquiètent de l'intérêt des citoyens avant de prendre en compte d'hypothétiques considérations d'ordre économique.