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Al Gore reçoit le Nobel de la paix
7SUR7 UPDATE 14:55 Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi à l'ancien vice-président américain Al Gore et au panel de l'ONU sur le climat (Giec) pour leurs efforts visant à accroître les connaissances sur le changement climatique, a annoncé le comité Nobel norvégien. Le prix leur est conjointement décerné "pour leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements", a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien, Ole Danbolt Mjoes.
Documentaire
Ancien vice-président de Bill Clinton et candidat démocrate malheureux à la Maison Blanche en 2000, Al Gore, 59 ans, est revenu sur le devant de la scène l'an dernier avec son livre et documentaire Une vérité qui dérange qui tire la sonnette d'alarme face au réchauffement de la planète. Primé aux Oscars, le film de 96 minutes a contribué à vulgariser un sujet complexe et à sensibiliser l'opinion publique à la menace climatique.
Personnage influent
"L'ex-futur président des Etats-Unis d'Amérique", comme Al Gore se présente avec dérision, a été consacré cette année par le magazine Time comme l'une des 100 personnalités les plus influentes au monde. Une liste où l'actuel occupant de la Maison Blanche, le républicain George W. Bush, celui-là même qui l'avait défait en 2000, n'apparaît pas.
Connaissances
Réalisant un véritable travail de fourmi, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) expertise et compile les recherches effectuées par des milliers de scientifiques à travers le monde. Ses rapports, résultats de délicates tractations entre délégations des différents Etats, fournissent un solide socle de connaissances aux décideurs politiques.
Hausse de la température
Parmi ses principales conclusions, le Giec prédit une hausse de 1,8 à 4°C de la température moyenne planétaire d'ici 2100, un réchauffement dont l'origine "très probable" est liée à l'activité humaine. Limiter cette hausse à 2°C aurait un coût "relativement modéré", selon les chercheurs, soit une baisse de 0,12% du taux de croissance du PIB à partir de 2030.
Message
La distinction d'Al Gore et du Giec parmi les 181 candidats en lice cette année lance un message fort à la communauté internationale à quelques semaines de la conférence de Bali, du 3 au 14 décembre. Celle-ci doit tracer la feuille de route pour de nouveaux engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre au-delà de 2012, après l'expiration de la première phase du protocole de Kyoto.
Diplôme, médaille et chèque
Un texte que M. Gore a négocié pour les Etats-Unis mais que M. Bush n'a pas ratifié. Les Etats-Unis sont avec la Chine le principal émetteur de CO2 de la planète. Le Nobel - un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,08 million d'euros) - leur sera remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, le savant et philanthrope suédois Alfred Nobel, inventeur de la dynamite. (belga)
Le Nobel attribué à Gore montre les "ratages" de Bush
"Le triomphe de Gore permet de mesurer le discrédit de George W. Bush", ont déclaré en susbtance les journaux américains.
L'attribution du prix Nobel de la paix à l'ex-vice-président Al Gore a mis en exergue les "ratages" de George W. Bush dans les sept années qui ont suivi sa victoire contre le candidat démocrate dans la course à la Maison Blanche, jugent les journaux américains de samedi.
Misérable échec
Ainsi, pour le Washington Post, l'honneur fait vendredi à Al Gore, conjointement avec le Groupe de l'ONU sur le climat (Giec), est "perçu comme une rebuffade de plus infligée à l'impopulaire président" Bush, dont "l'inaction sur le changement climatique est un des principaux ratages de sa présidence". "Le triomphe de Gore permet de mesurer le discrédit de George W. Bush", renchérit le Los Angeles Times. Ce qu'a fait l'ancien vice-président à titre "privé" aux côtés d'autres scientifiques aurait dû être et doit être fait par les gouvernements, et "les gouvernements, au premier rang desquels celui de Bush, ont misérablement échoué", écrit quant à lui le New York Times. Interrogé sur le fait de savoir si la distinction attribuée à M. Gore allait accroître la pression sur le gouvernement Bush pour changer de politique en matière d'environnement, le porte-parole de la Maison Blanche Tony Fratto a répondu clairement : "Non". Al Gore a, de son côté, déclaré que s'il avait été élu en 2000, il aurait fait du climat l'une de ses priorités à la Maison Blanche.
Immuable Maison-Blanche
Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi à l'ancien vice-président américain Al Gore et au panel de l'ONU sur le climat (Giec), un pédagogue et des têtes chercheuses qui chacun à leur façon tirent le signal d'alarme sur les effets dramatiques du réchauffement de la planète. La distinction de M. Gore, avocat d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre, ne changera en rien la politique américaine en matière d'environnement, a toutefois réagi la Maison Blanche. Le prix Nobel de la paix d'Al Gore pourrait néanmoins inviter les Américains à prendre conscience de l'urgence de la cause environnementale dans un pays où les économies d'énergie sont loin d'être entrées dans les moeurs. Selon une vaste enquête du Pew Research Center, les Américains sont désormais persuadés à 77% que le climat est en train de changer. En revanche, ils sont encore divisés sur les causes du réchauffement planétaire et sur les solutions à adopter, selon ce sondage qui date de janvier.
Sentiment d'urgence
Vice-président de Bill Clinton et candidat démocrate malheureux à la Maison Blanche en 2000 face à George W. Bush, M. Gore, 59 ans, a contribué à vulgariser le sujet complexe du réchauffement avec son documentaire Une vérité qui dérange primé aux Oscars. "Il est probablement l'individu qui a fait le plus pour que l'on comprenne mieux à travers le monde les mesures qui doivent être adoptées", a dit M. Mjoes. A New Delhi, le président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), l'Indien Rajendra Pachauri, a de son côté exprimé l'espoir que le prix créerait un "sentiment d'urgence" face au réchauffement. Faisant un travail de fourmi, le Gi ec expertise et compile les recherches de milliers de scientifiques internationaux. Ses rapports fournissent un socle de connaissances aux décideurs politiques.
Migrations massives
Le Giec prédit notamment une hausse de 1,1 à 6,4°C de la température moyenne planétaire d'ici à 2100, "très probablement" à cause de l'homme. Le comité Nobel lance un message fort à la communauté internationale à quelques semaines de la conférence de Bali, du 3 au 14 décembre, qui doit se pencher sur de nouvelles réductions des émissions de gaz à effet de serre au-delà de 2012, après l'expiration de la première phase du Protocole de Kyoto. Un texte que M. Gore a négocié pour les Etats-Unis, aujourd'hui le principal émetteur de CO2 de la planète avec la Chine, mais non ratifié par le Sénat américain et foulé aux pieds par le président Bush. En s'attaquant à la question climatique, le comité étend une nouvelle fois le champ couvert par le prix de la paix. L'an dernier, le Nobel avait privilégié la lutte contre la pauvreté avec le Bangladais Muhammad Yunus et sa Grameen Bank en 2006. "D'importants changements climatiques pourraient altérer et menacer les conditions de vie d'une grande partie de l'humanité. Ils pourraient déclencher des migrations massives et déboucher sur une concurrence accrue sur les ressources", a expliqué M. Mjoes.
"Il pourrait y avoir un risque accru de conflits violents et de guerres entre et au sein des Etats", a-t-il ajouté. Le Nobel -un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,08 million d'euros) que se partageront à part égale les deux lauréats- sera remis le 10 décembre à Oslo. (afp)
