http://eduscol.education.fr/D0093/acc_violence.htm
http://www.momes.net/Journal/actualites/stoplaviolence.html
SERVICE JEUNESSE ET FAMILLE DE LA ZONE DE POLICE 5340 BRUXELLES_OUEST
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Violences jeunes : Racket et baston : ça n'arrive pas qu'aux autres
Détecter s'il subit des violences
Un enfant agressé est presque toujours malheureux. Il n'a plus confiance en lui et se sent finalement coupable de la violence dont il a été victime. Son comportement change (peurs inhabituelles, bêtises nombreuses, troubles du sommeil...). Il rechigne à aller à l'école. Ses résultats scolaires baissent sans raison apparente. Il devient agité ou se replie sur lui-même, mange de moins en moins et est inquiet quand le téléphone sonne. Toute une série de signaux qui doivent vous alerter.
Comment l'aider ?
La première chose à faire, c'est de lui en parler. Sans le brusquer ni le culpabiliser. S'il est encore petit, essayer de rencontrer son maître pour évaluer la gravité de la situation et si rien ne s'améliore, le directeur, voire le responsable violences à l'inspection d'académie. Si votre enfant est victime de violences, notamment de racket, dans l'établissement ou à ses abords, rencontrer le chef d'établissement. Une plainte peut être déposée au commissariat de police. Le rassurer, s'il craint des représailles, car les racketteurs sont souvent peu courageux : une fois repérés, en général, ils se font plus discrets.
Déculpabiliser la victime
Il est possible de dire à l'enfant : " Obliger quelqu'un, par la menace ou la force, à donner de l'argent ou des objets, c'est du racket et c'est un délit. Le coupable, ce n'est en aucun cas la victime, mais l'agresseur. Ne rien dire, c'est inciter le racketteur à recommencer. Si tu es victime de racket ou d'autres violences, il faut en parler à un adulte en qui tu as confiance : parent, professeur, assistante sociale du collège... " Il est donc prudent d'expliquer, avant la rentrée scolaire, les formes que peut prendre la violence et les moyens de s'en protéger. Si le quartier est peu rassurant, lui proposer de rentrer de l'école en groupe, car les racketteurs s'attaquent de préférence aux plus faibles et aux isolés.
Les réactions à éviter
Faire comme si rien ne s'était passé ou, pire, lui dire de régler son problème tout seul. Tenir l'équipe enseignante pour responsable et passer votre colère sur elle. Répondre à la violence par la violence. Tenter de régler la situation avec les agresseurs ou leurs parents : sans la présence d'un médiateur, sans la collaboration du chef d'établissement, voire de la police, la situation peut vite dégénérer. L'accompagner tous les jours à l'école pour le protéger. Le laisser aller à l'école avec des objets de valeur.
Qui sont les victimes de la violence ?
Il n'y a pas un profil type de victime. Mais les agresseurs s'attaquent, en principe, à plus faible qu'eux. Cette faiblesse peut être physique, mais également psychologique. Ainsi, l'enfant timide, introverti, isolé, sans copains ou peu enclin à se rebeller risque d'être la proie idéale. L'origine, le handicap, l'apparence (lunettes, appareil dentaire), les capacités intellectuelles, tout ce qui peut marquer une différence notable par rapport aux autres est aussi souvent sujet à moqueries, dans le meilleur des cas. La situation peut vite empirer, si rien n'est fait à temps.
Tous concernés
La violence se manifeste sous différentes formes : agressions verbales, coups de couteau, dégradations de biens et rackets. Cette violence, qui a sensiblement augmenté, est aujourd'hui mieux connue et davantage dénoncée. On hésite moins, en effet, à porter plainte. Aucun établissement n'est à l'abri de ce phénomène, de la maternelle au lycée. La loi du silence est son alliée objective. Serait-elle la marque d'une perte de confiance dans le système éducatif traditionnel, voire d'une faille de ce dernier ?
Si votre enfant est l'agresseur
La violence est un phénomène contagieux. Le persécuté peut devenir à son tour persécuteur. Un moyen pour lui “d'entrer dans le groupe”, de s'y faire accepter. Mieux vaut ne pas se voiler la face. Car, même dans cette situation, l'enfant est en danger. Il peut agir sous la contrainte ou essayer d'attirer l'attention de ses parents sur son mal-être. Son agressivité traduit souvent une fragilité affective. Aborder la question de front, dans un climat de confiance. Et se faire aider par un psychologue ou un conseiller d'éducation. Des troubles du comportement ou trop de “cadeaux” offerts par les copains peuvent être des symptômes.
http://www.droitsenfant.com/stop.htm
Manifeste "Stop la violence"
(Texte intégral)
1) Ça peut plus durer comme ça !
" Nous ont dit : ça suffit comme ça. Il y a des crapules dans les quartiers, comme partout. Trop de violence. Agressions, bagarres, armes à feu, viols ... Les victimes, c'est toujours nous, mais quand les télés en parlent, c'est pour nous traiter en coupables. On ne nous écoute plus, nous condamne. On veut pouvoir vivre en paix. Circuler sans avoir peur. Le droit d'étudier sans crainte. On n'a rien d tout ça. La première des injustices, c'est ça. "
2) Respect ? On se parle sur un autre ton.
" L'agression, ça peut commencer par regard. Mais c'est surtout les mots. Certains s'amusent a provoquer, et utilisent des mots, qui poussent à la guerre. C'est vrai, tout le monde peut péter les plombs. Ca arrive. Mais ce langage de défi ! Cette manie d'afficher sa force sur l'autre, en permanence, ça chauffe les esprits. Il faut se parler normalement, garder le contrôle. Certains disent : faut être respecté. Nous, on dit : " Si tu veux le respect, commence par respecter les autres ". "
3) Pas besoin de sa bande pour se parler
" C'est quoi, cette manie d'aller toujours chercher sa bande dès qu'il y a un malaise ? Règle n° 1 : si t'as un problème, tu viens me le dire. Dès qu'on se parle franchement, on commence à se connaître. Tout peut se résoudre en se parlant. Mais, avait une bande, pas de dialogue possible. C'est le plus chaud qui gagne. Résultat : la guerre.
4) Rendre la justice ça devrait être merveilleux !
" Quand on est un tout petit, ont rêve tous de devenir policier. Certains parlent normalement. Ils connaissent le quartier, savent nous serrer la main et dire bonjour quand on se croise. La plupart, dès qu'ils arrivent, ils alignent tout le monde contre les murs, et ils fouillent en hurlant. Ils nous prennent pour des ennemis. L'insécurité, on est les premiers à la subir ! Pour eux, tous les noirs se ressemblent, tous les Arabes sont pareils. Ils s'excusent même pas quand ils se trompent. Et, en même temps, les armes circulent partout, et personne ne les saisit ! Nous, pour un bout de shit, on va au trou, avec une tête au carré à 2 heures du matin ! Et qui vend les revolvers ? Qui s'occupe de ceux qui vivent de ça ? Tout le monde a le droit d'être protégé. La police doit montrer l'exemple. "
5) Pas de pouvoir aux crapules
" On est tous protégés par les copains du quartier. Ça fait du bien de les savoir là. C'est comme une deuxième famille : dans mon quartier, c'est la solidarité avant tout. Certains ont transformé leur bande en clan. Ils excluent les autres. Ils se prennent pour des guerriers. Ils savent qu'ils font le mal et ils aiment ça. À la fin, ils font régner la terreur pour monter leur bizness. Les crapules prennent alors le pouvoir. Sur notre dos. Les crapules, c'est la mort des quartiers. "
6) Les armes, ça me protège de rien. Au contraire
" Il y a toujours eu des bagarres dans les cours, les villages ou les cités. Il y a plein de livres et de films qui raconte ça. C'est pas terrible, mais ce n'est pas forcément dramatique. Sauf quand des Keums se battent pour une casquette avec des armes. La bagarre se transforme en guerre ouverte. Et toutes les semaines, il y a des jeunes qui meurent de ça. Il faut le dire : celui-ci qui part de chez lui avait une lacrymo, un couteau ou un revolver, même s'il croit que c'est pour se protéger, il va automatiquement s'en servir dès qu'il aura un problème. Les armes, ça ne protège de rien, au contraire. "
7) Les mecs qui frappe les filles sont des impuissants
" Ils parlent de respect et se permettent de toucher une fille ! Certains se disent caïds et sont incapables de parler normalement avec une fille. Il y a des agressions sexuelles dans de nombreux lycées et collèges. C'est incroyable d'avoir à expliqué qu'une fille n'est pas une salope parce qu'elle est fille. "
8) Quand on casse, c'est toujours nous qui payons
" Qui peut respecter qui que ce soit quand les lieux où l'on vit sont sans arrêt salopés, quand la moindre porte est cassée, quand tout ce qui est à nous et systématiquement déglingué ? Quand on casse quelque chose dans les quartiers, c'est toujours nous qui payons, jamais celui qui casse. Ça aussi, c'est injuste. À croire qu'on laisse des mecs tout casser pour justifier qu'on nous envoie des flics. "
9) Il faut savoir contre quoi on se révolte
" Pas les uns contre les autres. Il faut s'organiser, en association, en réseau, en comité de quartier. On a le droit de se regrouper, de se mobiliser contre toute forme d'abus de pouvoir. On a raison de revendiquer. C'est important, quand on est jeune. Être révolté, c'est être lucide sur le monde injuste dans lequel on vit. Mais, pour avoir une chance de gagner, il faut s'en prendre aux responsables, pas à nous ! La violence dans les quartiers, c'est la justice pour tout le monde. "
10) Un échec ? C'est pas pour ça qu'on est victime
" Avoir des échecs, c'est normal. Rien n'est fatal, jamais. Marre d'entendre les mecs gueuler contre la société, le système et ne rien faire pour bouger de là. Que les grands qui s'en sont sortis donne l'exemple et montre aux petits comment ça marche. Qu'ils aillent dans les écoles, les assos', les quartiers pour raconter. On peut rêver d'une BMW à 14 ans. La violence, la crapulerie, le racket et le reste, ça se termine toujours mal. Il n'y a pas de bandit heureux. "